Le réalisateur burkinabè Dani Kouyaté a récemment dévoilé son sixième long-métrage, « Katanga, la danse des scorpions », une adaptation audacieuse de la tragédie « Macbeth » de William Shakespeare, transposée dans un contexte africain. Ce film, d’une durée de 113 minutes, est en compétition pour l’Étalon d’or de Yennenga lors de la 29ᵉ édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) en 2025.
L’intrigue se déroule dans le royaume fictif de Ganzurgu, où Katanga, un chef militaire loyal, est promu chef des armées après un complot avorté contre le roi Pazouknaam. Suite à une prophétie annonçant son accession au trône, et sous l’influence de son épouse Pougnéré, Katanga assassine le roi et s’empare du pouvoir. Son règne est alors marqué par la paranoïa, la violence et la trahison, plongeant le royaume dans le chaos. Le film explore des thèmes universels tels que la soif de pouvoir, la manipulation, la culpabilité et les conséquences tragiques de l’ambition démesurée. Il met également en lumière le rôle central des femmes, tantôt instigatrices, tantôt stabilisatrices, dans les dynamiques du pouvoir.
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« Katanga, la danse des scorpions » se distingue par son esthétique en noir et blanc, un choix délibéré de Dani Kouyaté pour conférer au film une dimension intemporelle et onirique. Cette palette monochrome vise à détacher le récit de toute référence temporelle ou géographique précise, renforçant ainsi son aspect allégorique. De plus, le film est entièrement tourné en langue mooré, l’une des principales langues du Burkina Faso, avec des sous-titres en français, affirmant ainsi une forte identité culturelle et valorisant le patrimoine linguistique local.
Le projet a mobilisé une équipe composée d’une cinquantaine de techniciens, environ 200 figurants et une vingtaine de comédiens principaux, tous issus du Burkina Faso. Parmi les acteurs notables figurent Mahamadi Nana dans le rôle de Katanga, Hafissata Coulibaly en tant que Pougnéré, ainsi que Prosper Compaoré incarnant le roi Pazouknaam. Le tournage, initialement prévu dans diverses régions du pays, a été concentré dans un rayon de 40 km autour de Ouagadougou en raison du contexte sécuritaire, avec des scènes filmées notamment à Gampéla, Saaba, Pabré et Dapélogo.
Lors de l’avant-première, le film a été chaleureusement accueilli par le public et les critiques. Le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, présent lors de la projection, a salué « un film très profond qui nous plonge dans l’intrigue du pouvoir, dans la trahison, dans la violence, mais qui finit également sur une bonne note ». Cette réception positive place « Katanga, la danse des scorpions » comme un sérieux prétendant à l’Étalon d’or de Yennenga, une distinction que le Burkina Faso n’a pas remportée depuis 28 ans.
Avec cette œuvre, Dani Kouyaté continue de s’imposer comme une figure majeure du cinéma africain, offrant une réflexion profonde sur les méandres du pouvoir et la nature humaine, tout en célébrant la richesse culturelle du Burkina Faso.
