Le film documentaire « Loin de moi la colère » du réalisateur ivoirien Joël Akafou a été honoré lors de la 29ᵉ édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) en 2025, en remportant l’Étalon de bronze de Yennenga. Ce prix prestigieux vient couronner une œuvre engagée et sensible, qui plonge au cœur des réalités sociales et des blessures encore vives de la Côte d’Ivoire.
Le film nous emmène dans le village de Ziglo, situé à l’ouest de la Côte d’Ivoire, marqué par les cicatrices de la guerre civile de 2011. Ce conflit meurtrier a opposé les communautés autochtones aux immigrés venus du Burkina Faso, laissant derrière lui de nombreuses victimes et un profond sentiment d’injustice.
Face à l’inaction de l’État et à l’attente interminable d’une justice officielle, Josiane, dite Maman Jo, une femme autochtone, décide de prendre les choses en main. Elle crée un espace de parole dédié aux femmes de toutes les communautés, dans l’espoir d’instaurer un dialogue sincère et de favoriser la réconciliation. À travers cet engagement, elle ambitionne de redonner vie à Ziglo et d’apaiser les tensions qui persistent.
En s’imposant comme Étalon de bronze de Yennenga, le film de Joël Akafou confirme la montée en puissance du cinéma documentaire africain. Le FESPACO, qui se tient tous les deux ans à Ouagadougou, est la plus grande célébration du cinéma africain et récompense les œuvres qui illustrent avec justesse et authenticité les réalités du continent. Depuis sa création en 1969, le festival s’attache à mettre en lumière des récits poignants et engagés, à l’image de celui proposé par Joël Akafou.
Avec « Loin de moi la colère », le réalisateur nous livre un témoignage fort et nécessaire sur la résilience des communautés et l’importance du dialogue pour reconstruire un pays marqué par les divisions. Ce documentaire s’impose comme une œuvre essentielle, témoignant du rôle du cinéma dans la mémoire collective et la quête de paix en Afrique.
Grâce à sa mise en scène immersive et son approche intimiste, Joël Akafou donne la parole à celles et ceux qui portent l’espoir d’un avenir apaisé. En suivant le parcours de Maman Jo, le film met en lumière la force des femmes dans la reconstruction sociale, un thème universel qui résonne bien au-delà des frontières ivoiriennes.
Avec cette récompense au FESPACO 2025, « Loin de moi la colère » s’inscrit dans la lignée des films documentaires qui marquent l’histoire du cinéma africain. Une œuvre engagée et bouleversante, à ne pas manquer.
